Publié le 25 janvier 2018
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    5 idées à retenir de ces conférences

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    Le 18 janvier dernier se tenait le 3e congrès de l’Entreprise du Futur, le fameux rendez-vous des dirigeants qui souhaitent construire l’entreprise de demain. Partenaire de l’évènement, JETPULP était présent pour cette journée qui a réuni plus de 4800 participants autour de la question :

    Qu’est ce que l’entreprise du futur ?

    Une question un tantinet complexe n’est-il pas ? Vanessa, qui a pu assister aux conférences de la journée, vous apporte des éléments de réponse retenus lors de ces différents échanges.

    1) Travailler ensemble

    Congrès entreprise du futur 2018. Clare GAYMARD, co-fondatrice de raise

    L’accompagnement

    Il n’est plus question de se demander si les entreprises doivent se digitaliser ou non : la transformation numérique est aujourd’hui obligatoire.

    Pour Sylvie Guinard (présidente de l’entreprise Thimonnier et vice-présidente de la FIM) :

    Pour avancer vite, il ne faut pas avancer tout seul : l’accompagnement des entreprises dans leur transition digitale est essentiel pour créer le monde dans lequel on veut vivre demain.

    Une idée confirmée par Bruno Grandjean (président de la FIM) :

    La transition digitale, c’est maintenant ou jamais. Nous devons construire cet avenir pour nos enfants et construire ensemble cette entreprise du futur.

    L’associatif

    Clara Gaymard et Gonzague De Blignières ont présenté le principe du fond de dotation Raise, créé pour développer un écosystème entrepreneurial à la fois bienveillant et performant. Ils nous ont expliqué sur la scène de l’Entreprise du Futur :

    deux mondes cohabitent: le monde capitaliste et le monde associatif. L’idée est de créer une économie dans laquelle le premier créé pour nourrir le second monde

    Le partenariat

    Alexandre Wauquiez (directeur exécutif de SFR Business) a pris la parole lors de la table ronde d’honneur pour inviter à une réflexion autour du partenariat :

    On est plus capables de tout faire dans aucun secteur d’activité. On est au contraire de plus en plus dans la spécialisation. […] Il faut supprimer l’idée du fournisseur et travailler plutôt avec des partenaires. Une entreprise qui souhaite se développer doit se demander avec quelles entreprises elle peut mettre en place des partenariats pour se transformer.

    Selon lui, en matière d’innovation, il ne faut pas avoir d’idées préconçues, ni se dire qu’on n’a pas les compétences nécessaires pour répondre à un besoin. Il faut au contraire

    comprendre la demande du client et chercher des partenaires qui vont nous aider à répondre à cette problématique.

    2) L’expérience client

    Congrès entreprise du futur 2018. Yves BONNEFONT, directeur de la marque DS

    L’économie de l’expérience

    Laurent Blanchart (Dassault System) a exposé le nouveau paradigme de l’économie de l’expérience. Selon lui,

    jusqu’ici, l’économie était basée sur le produit. Aujourd’hui c’est celle de l’expérience dans sa globalité.

    L’expérience client est donc au cœur du processus de vente, et vendre un produit n’est aujourd’hui plus suffisant, il faut réfléchir à tout ce qui entoure sa vente et son utilisation.

    Développer ses services

    L’économie de l’expérience, une idée bien comprise par l’équipe de DS Automobile, puisque Yves Bonnefont, le directeur général, était présent pendant le congrès pour présenter le SUV-DS 7. Une voiture, certes, mais proposée à la vente accompagnée d’une batterie de services pour améliorer l’expérience client. Parmi ceux-là, la possibilité de configurer en 3D sa voiture en magasin pour la personnaliser. L’idée est de

    redonner l’aspect plaisir à l’achat automobile qui n’est pour le moment plus perçu comme tel.

    Il est également possible de contacter le SAV en dehors de ses heures de travail, de faire entretenir sa voiture sans aller chez le garagiste (un valet vient la récupérer puis vous la dépose à l’endroit de votre choix). Le service DS rent offre quant à lui la possibilité de louer une DS partout dans le monde,

    quand on est attaché à sa voiture, et habitué à la conduire : on veut pouvoir retrouver l’univers de la voiture DS ailleurs.

    En résumé, le but de DS Automobile, selon son directeur, est de

    transformer chaque moment de mobilité en un vrai moment d’expérience.

    La réalité augmentée

    Aux frileux de la 3D et de la réalité augmentée, Laurent Blanchard explique :

     Le réel et le virtuel sont deux notions qui ne s’opposent pas mais qui viennent s’enrichir.

    Il a présenté lors de son keynote plusieurs applications possibles de la réalité augmentée dans la vie quotidienne. La possibilité par exemple, de visiter un appartement en y projetant ses meubles ou la décoration une fois les travaux effectués. La possibilité également pour un urbaniste de prévoir les pics de pollution et d’agir en fonction.  Pour lui,

    le numérique permet de montrer le réel au client : il permet de voir le monde tel qu’il pourrait être.

    3) L’humain d’abord

    Le keynote d’honneur était tenu par Vineet Nayar, qui propose une vision révolutionnaire du management : son fameux

    employees first, customers second

    La vision

    S’appuyant sur son expérience de directeur de l’entreprise indienne HCL Technologies, il a expliqué qu’avant de mettre en place ces changements en termes de management, il a été surpris de constater que ses employés disaient d’eux qu’ils travaillaient comme “technicien” ou “développeur” sans jamais dire le nom de l’entreprise, comme s’ils en avaient honte ou que leur entreprise n’avait pas d’importance. Vineet Nayar a donc insisté sur la nécessité de mettre en place une vision pour l’employé.

    On définit une vision pour l’entreprise mais on oublie de définir une vision pour les employés. Sans ça, ils ne peuvent pas être motivés et fiers de leur entreprise.

    Au sein de l’équipe, il assure qu’il faut

    une relation de confiance avec ses employés. Pour se faire, il faut leur présenter des expérimentations et non pas des initiatives.

    Englober le salarié dans le processus de réflexion, et non pas lui imposer des décisions prises en amont. Et toujours se demander :

    comment créer une organisation dans laquelle les salariés sont tellement motivés qu’ils deviennent moteurs de transformation ?

    L’équipe

    Pour Vineet Nayar, la première étape de la transformation d’une entreprise est de constituer une équipe de haute performance. Soit un groupe de personnes

    capables de dépasser la logique et la raison, de réaliser ce que les autres considèrent comme impossible.

     Pour autant le manager à la tête de cette équipe ne mérite pas tous les honneurs :

    ce n’est pas à propos des leaders, mais des employés.

    Vineet Nayar n’hésite pas d’ailleurs à prouver cette idée avec beaucoup d’humilité en précisant que HCL Technology se développe d’autant plus depuis son départ. Le salarié d’abord donc, puisque

    ce ne sont pas les machines qui créent l’innovation, mais les humains. On doit remettre l’humain au cœur de l’entreprise, sinon on échoue.

    Le management

    Selon l’homme d’affaire indien,

    le rôle des managers ne peut être que de s’enthousiasmer, d’encourager et de donner la capacité aux salariés de créer une valeur différenciée pour l’entreprise.

    Le salarié au centre des décisions, l’inversement de la pyramide d’organisation : pour l’invité d’honneur de l’Entreprise du Futur, la clé est de responsabiliser les employés et de toujours les faire passer avant les clients. Une révolution qui a porté ses fruits au sein d’HCL, et des méthodes de management que Nayar a compilées dans un livre :

    Les employés d’abord, les clients ensuite  Comment renverser les règles du management.

    Un keynote très inspirant dont la conclusion a su déclencher de nombreux applaudissements :

    l‘humain d’abord, la machine ensuite, et le chiffre plus tard.

    4) L’engagement et la raison d’être

    Congrès entreprise du futur 2018. Emmanuelle DUEZ, fondatrice THE BOSON PROJECT

    Changer le monde

    Une idée exprimée lors du keynote “Les start-up réinventent les business model de nos entreprises” par Clara Gaymard :

    quand on parle de start ups, on parle beaucoup de changements technologiques mais un élément change beaucoup chez les entrepreneurs d’aujourd’hui : la raison d’être. Vouloir changer le monde et le rendre meilleur.

    L’humain, sa volonté et son engagement sont donc au cœur de l’entreprise du futur.

    La notion d’engagement

    La marraine du congrès, Emmanuelle Duez (Fondatrice de The Boson Project) a su, lors de son keynote et de la table ronde de clôture, mettre l’accent sur la nécessité d’engager ses salariés :

    Il faut embarquer le capital humain dans le processus de transition.

    Pour elle,

    l’entreprise de demain se construit avec les hommes et les femmes d’aujourd’hui.

    C’est par l’engagement des hommes qu’on peut générer le changement. Pour Albert Moukheiber (Chercheur en neurosciences cognitives et psychologue clinicien), il y a en effet une volonté de responsabilisation de la part de l’individu :

    chacun souhaite devenir leader mais au sein d’une expérience collaborative. Le succès d’une entreprise tient donc de l’engagement de ses employés.

    La santé des salariés

    Cynthia Fleury (Philosophe et chercheuse à l’Institut des Sciences de la communication et Professeur à la American University of Paris) alerte les managers quant à leur rôle dans la santé mentale de leurs employés :

    La dissociation entre les principes et les pratiques chez une personne saine la rend malade. Le mauvais management, c’est celui qui met les gens dans des injonctions contradictoires.

    Pour elle, la question du soucis de soi en entreprise est essentielle, mais n’est pas de l’égocentrisme :

     l’homme a besoin de transformer le monde pour se sentir homme, il a besoin de faire oeuvre. Si l’être humain n’a pas un travail qui lui permet de faire oeuvre, il tombe malade.

    Mettre l’employé au cœur de son entreprise et tout mettre en oeuvre pour développer son engagement est donc un moyen sûr de préserver sa santé. De cela découle de nouvelles formes de management telles que le droit à l’erreur, le télétravail, la simplification des process… L’organisation de l’entreprise se doit d’être plus ouverte et extensive.

    5) Les changements de fond en terme de recrutement

    Bruno GRANDJEAN, président de la FIM

    Entreprise et vie personnelle

    Fidéliser les talents

    Marc Antoine de Saint Germain (Commandant du porte-avions Charles de Gaulle) remarque que

    le travail n’est plus structurant, il doit apporter une densité émotionnelle. Il doit aussi permettre d’avoir du temps pour profiter d’autre chose. Le temps de travail ne structure plus la journée, elle continue bien après.

    Il s’inquiète de la fidélisation des talents : selon lui, la jeune génération veut avoir plusieurs carrières, travailler dans plusieurs entreprises. L’enjeu de l’entreprise du futur, c’est d’offrir un cadre dans lequel le salarié pourra se développer et vivre des expériences différentes.

    L’industrie

    Selon Bruno Grandjean, un des principaux enjeux de demain est de remettre l’industrie au cœur de l’économie. Elle souffre selon lui d’une image désuète et d’une grande difficulté à recruter. Il a expliqué sur la scène de l’Entreprise du Futur qu’il faut

    associer les français à cette cause. Il y a un problème de fond qui est que le lien est cassé entre les français et les usines. Les jeunes doivent faire le choix de l’industrie, et on doit montrer aux français le visage de l’industrie moderne. Les usines d’aujourd’hui ne sont plus celles de Zola ou Charlie Chaplin.

    D’où la naissance d’initiatives telles que l’Usine Extraordinaire, un évènement qui se déroulera au Grand Palais en novembre et pendant lequel les visiteurs pourront voir ce qu’est une usine aujourd’hui, à savoir un lieu d’innovation et de technologie.

    La formation

    La formation est évidemment un enjeu majeur du futur. Bernard Belletante, (directeur général de l’EMLyon), souligne qu’il faut

    prendre conscience que nous ne connaissons pas 85% des métiers qui existeront en 2030.

    La formation d’aujourd’hui doit donc

    amener beaucoup de souplesse aux personnes et hybrider les compétences, les intelligences et les cultures.

    Quant à la formation continue, Bruno Lacroix (Président du Conseil de Surveillance, ALDES) pense qu’il faut

    changer le dispositif de formation des chômeurs qui forme actuellement aux métiers d’hier.

    Une manière selon lui de moderniser la formation serait de mettre en place l’alternance pour les adultes afin de les former aux compétences dont les entreprises ont besoin aujourd’hui.

    C’est ainsi que s’achève notre compte-rendu des 5 idées à retenir sur toutes ces conférences 😉

    Vanessa O.

    Interview_Gaelle-Dauger_Easyparapharmacie_Blog-JETPULP
    Portrait Julien Andlauer, coureur F4 sponsorisé par JETPULP
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